Critique CD: Crash ton rock, Catherine Leduc, Lubik

Publié le 29 Mai 2017

 

 

Cette semaine, l’équipe a écouté les derniers albums de Crash ton rock, Catherine Leduc et Lubik.

 

 

Sobre punk
Crash ton rock
Volte-face
Note: 

Du punk sobre, ça existe? Ç’a ben d’l’air. Volte-face, le plus récent album de Crash ton rock, en est la preuve. Sobre ne veut toutefois pas dire tranquille. Les nouvelles pièces du banddu Saguenay sont peut-être présentées en toute simplicité, mais elles rentrent au poste. Si les rythmes sont souvent festifs (le petit côté country ajoute à l’ambiance de party), les textes sont plutôt sombres, qu’il soit question de problèmes existentiels – «J’ai blessé d’Est en Ouest / Des gens que j’ai aimé» – ou de société – «Brûle, brûle le Québec brûle / J’ai depuis longtemps fait mon deuil». Cette atmosphère mélancolique s’accorde parfaitement avec la voix d’Éric Lapointe en moins magané du chanteur Jonathan Tremblay. Guillaume Beauregard a réalisé la galette. On sent l’influence du Vulgaire Machin, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Volte-face est un album qui mérite une place dans votre rotation estivale, surtout s’il fait un peu gris.

 

Pop psychédélique
Catherine Leduc
Un bras de distance avec le soleil
Note: 

«Je reconnais cette voix», vous direz-vous en écoutant les premières paroles de cet album. C’est que Catherine Leduc est l’ex-chanteuse de Tricot Machine. Si ce deuxième opus est différent de ce que proposait justement le groupe il y a quelques années, et différent de son premier album solo, Rookie, Un bras de distance avec le soleil n’est pas décevant du tout. Catherine Leduc propose une musique planante, qui oscille entre la pop et le folk, et qui teste plusieurs sons et arrangements différents. Ses textes sont personnels, honnêtes et sentis. Elle y parle avec une grande vulnérabilité du métier de chanteuse, du milieu artistique et, surtout, du statut doux-amer de célébrité. D’ailleurs, la pièce-titre utilise le soleil comme métaphore pour le succès : «Un bras de distance avec le soleil pour éviter de cuire, de l’espace au-dessus de ma tête pour continuer de grandir.» Dit avec une telle poésie, ça rend la célébrité beaucoup plus jolie.

 

 

 

 

 

Brutal
Lubik
Vivant
Note: 

L’Abitibi est peut-être une terre de roches, mais certainement pas un désert culturel. Les quatre gars de Lubik le prouvent à leur tour avec leur deuxième long jeu, Vivant. Avec une énergie brute qui rappelle les Dales Hawerchuck ou les premiers albums de Galaxie, le quatuor martèle un rock simple, mais efficace. Les amateurs de gros riffs sales y trouveront leur compte, notamment sur les deux premières pièces,  les très lourdes One shot deal partie 1 et Clerval. Toutefois, la formule semble s’épuiser au fil des 11 chansons, faute de variété. L’infarctus, pièce instrumentale au piano, ajoute une facette intéressante à l’ensemble, mais se trouve reléguée à la toute fin de l’album. Bref, un CD qui ne réinvente pas la roue, mais qui rentre dedans.

 

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #Album CD

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